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   Mensuel de réflexion socio-économique vers l’Économie Distributive
 
 
 
 
 
AED La Grande Relève Articles > N° 862 - décembre 1987

 

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N° 862 - décembre 1987

Ça krach !   (Afficher article seul)

Ne manipulez plus les bombes   (Afficher article seul)

Lu, Vu, Entendu   (Afficher article seul)

Toujours la rentabilité
Fumée, que de crimes !
Ne vous fiez pas à l’emballage
Dans le cerveau du monstre

Au fil des jours   (Afficher article seul)

La communication   (Afficher article seul)

Les effets pervers du progrès technique   (Afficher article seul)

L’inégalité devant l’impôt   (Afficher article seul)

Cultures régionale, nationale, internationale   (Afficher article seul)

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Éditorial

Ça krach !

Une crise peut en cacher une autre
par A. PRIME
décembre 1987

PROPHETIQUE la "une" de la Grande Relève d’Octobre montrant le parallélisme des courbes de Dow Jones entre 1912-1929 et 1969-1987 et les commentaires de M.L. Duboin et R. Marlin, d’autant qu’il ne faut pas oublier que notre mensuel est rédigé un mois à l’avance, en l’occurrence fin août-début septembre.
Certes, les distributistes savent que le régime de marché n’est plus viable et nous avons souvent dit, dans la Grande Relève, que, si "le grand soir" n’était plus possible, on pouvait par contre s’attendre à une crise type 1929. Une fois de plus, les faits nous donnent raison. Qu’est devenue la superbe des chantres du Reaganisme, de l’ultra-libéralisme ou du libéralisme tout court ?
Pour pallier le manque à gagner dû à la crise économique qui dure depuis plus de 15 ans, le capitalisme avait régénéré ses profits par la spéculation financière, surtout depuis 5 à 6 ans. En dehors des banques, des compagnies d’assurance (spéculateurs institutionnels), les grandes firmes gagnaient souvent plus d’argent avec la "gestion de leur trésorerie" (allant jusqu’à créer des filiales financières, voire des banques dans ce but) qu’avec la stricte vente de leurs produits. Il est bien connu par exemple que Carrefour, qui vend comptant et paie ses fournisseurs à 90 jours, fait plus de profits en "faisant travailler" (l’adorable euphémisme !) l’argent des clients qu’en vendant ses marchandises.
Le fameux jeudi noir du 24 octobre 1929 est donc revenu en se déguisant cette fois en lundi (s) noir (s). Encore une fois, il n’est pas facile, en écrivant cet article plus d’un mois avant sa parution, de mesurer quel sera son degré d’actualité lorsqu’il parviendra au lecteur de la Grande Relève.
La crise boursière que nous venons de vivre procède des mêmes causes que celles de 1929. Elle en diffère en ce sens que toutes les bourses interconnectées, informatisées réagissent simultanément dans le même sens, alors qu’en 1929, il avait fallu 2 ou 3 ans avant que la vague de Wall Street ne déferle sur l’Europe. En outre, les gouvernements des pays concernés, même s’ils n’ont pas appris grand chose de fondamental, n’ont pas tout oublié : ils ont des parades, comme l’injection de liquidités pour éviter l’effondrement total des cours, ils se concertent de façon permanente, se réunissent, etc...
Mais le jeu de yoyo va continuer "la Bourse a repris 1 point, 4 points... La Bourse a perdu 9 points (28 octobre)... Le dollar se redresse (sic)... Le billet vert est de plus en plus verdâtre (à la radio, le 29 octobre). Le franc est attaqué. "Peu nous importe après tout ce que sera l’état de la Bourse - des Bourses - dans un mois, 3 mois, 6 mois. Ce qui est sûr, c’est que le gong a sonné l’hallali : le cerf est aux abois. Nous avons eu raison jusqu’ici contre tous les économistes ou dirigeants "distingués". Soyons absolument persuadés que nous aurons raison jusqu’au bout. Il ne peut en être autrement, de la même façon que ce qui arrive ne pouvait pas ne pas arriver. Nombre de journalistes, experts, hommes politiques, hier panégyristes de la Bourse, ne craignent pas de clamer aujourd’hui que les immenses profits des marchés financiers réalisés depuis quelques années (en moyenne 400 pour cent) "ça ne pouvait durer", car l’économie financière était complètement déconnectée de l’économie réelle, en crise depuis 15 ans. Bien sûr, ils se renieront demain "si ça repart". Nous, soyons sérieux : essayons - ce n’est pas facile - d’analyser ce qui s’est passé et de prévoir ce qui va se passer.
Pour les uns, tout a démarré à New-York, à l’annonce du déficit commercial record de septembre. Pour d’autres, le grand argentier US, J. Baker, a volontairement "laissé filer le dollar" en représailles à la hausse des taux d’intérêt allemands. Pour d’autres encore, il y a 3 coupables : les déficits américains et les excédents commerciaux allemands et japonais (un expert à la radio le 29 octobre). En France, on accuse les privatisations en oubliant que la crise est mondiale... On peut se demander ce que le pauvre Reagan avec son cerveau d’oiseau et de surcroît ramolli (dixit Mitterrand, moins crûment certes, voir G.R. aoûtseptembre) peut bien comprendre à tous ces événements, lui qui n’a fait depuis sept ans que servir le lobby militaro-industriel, et laissé se créer une situation économique dont la crise n’est que l’effet boomerang.
Peu importe, il n’est qu’un pantin et aujourd’hui ce sont les faits qui mènent la danse. Objectivement, que représentaient ces "valeurs", ces actions qui avaient doublé, quintuplé, décuplé et plus en quelques années ? Quelle richesse réelle ? A Paris, 200 à 300 milliards de francs ont fondu comme neige au soleil en quelques heures. Bolloré a plongé d’un milliard, Goldsmith de 2... A Wall Street, 1 000 milliards de dollars sont partis en fumée, 2 000 milliards pour toutes les Bourses concernées (c’est 2 fois le budget US !). Les "pertes" représenteraient par Français 4 000 F, 24 000 F par Américain. On ne va tout de même pas nous faire pleurer sur Liliane Bettencourt, Bouygues ou les "Golden Boys" qui n’auront plus assez d’argent pour remplir d’essence le réservoir de leur Porsche ou de leur Maserati !
Sincèrement, les biens nécessaires aux hommes de la planète pour se nourrir, se vêtir, se loger, vivre mieux, n’étaient-ils pas exactement les mêmes la veille et le lendemain des fameux lundis noirs ? Les machines, les champs de céréales..., n’ont heureusement pas fondu comme les valeurs mobilières. Mais on évoque immédiatement une baisse de la production, l’augmentation du chômage, bref, l’amplification de la crise économique. Tout cela parce que l’aquilon a effeuillé les portefeuilles des actionnaires. Il est malheureusement certain que, dans la "logique" capitaliste, la crise économique risque fort de s’aggraver. Un point de baisse de la production en France équivaut à 400 000 chômeurs de plus. Le capitalisme malade - non parce qu’il ne sait pas produire, mais parce qu’il ne sait pas distribuer tout ce qu’il produit ou peut produire - va faire payer un peu plus les plus démunis. Pour faire face à une crise commerciale amplifiée par la crise financière, on va faire appel au "civisme" des salariés, essayer de leur faire comprendre que de nouveaux sacrifices et licenciements sont inévitables, que les salaires doivent être bloqués, les impôts aggravés, la Sécu amputée...
La crise financière va accentuer la société duale (1) que la crise économique avait secrétée, aussi bien à l’intérieur des pays industrialisés, que dans le Tiers-Monde. Un récent rapport de l’UNICEF précise que 70 % des pays du TiersMonde ont eu en 1986 une croissance négative. La France, qu’on le veuille ou non, compte 3 millions de chômeurs... "irréductibles". Aux USA, les nouveaux emplois, dont on nous rebat les oreilles, sont pour la plupart des travaux à mi-temps, ou déqualifiants et sous-payés : tous les gens sérieux le reconnaissent. Chirac a beau prétendre que la crise de la Bourse est "conjoncturelle et ne concerne que l’Amérique" (les fameux déficits US !), le bon peuple sent bien le danger et l’orage. Il est de plus en plus inquiet pour le présent et l’avenir, le sien et celui de ses enfants. Quels lendemains dans une crise renforcée ? Ce ne sont pas les propos lénifiants de sa majesté Balladur qui changeront le processus engagé.
En dehors des causes que connaissent bien les distributistes et qui n’ont guère varié depuis que J. Duboin les a analysées à la lumière de la crise de 1929, il y a certes des causes conjoncturelles qui ont précipité la crise actuelle. Nous le répétons : le phénomène essentiel est que le capitalisme a substitué au profit financier purement factice, bâti sur le sable. Mais le catalyseur a été la politique de Reagan :
- l’endettement faramineux de l’Etat (200 milliards de dollars en moyenne par an), dû surtout à l’accroissement des dépenses militaires passées de 5 à 9,5 % du PNB.
- l’épargne US étant insuffisante, 100 milliards de dollars sont "épongés" chaque année dans le monde, grâce à des taux d’intérêt élevés. Partant, le dollar double de valeur. On croit que c’est un signe de bonne santé. Or le dollar cher provoque un afflux de produits importés, notamment du Japon et de l’Allemagne. Parallèlement, l’Amérique exporte de plus en plus difficilement et la balance commerciale atteint des déficits records, en moyenne 150 à 160 milliards par an. (Notons qu’après 2 ans, avec un dollar réduit de moitié, les USA - par la force des habitudes prises sans doute et des réseaux créés - n’ont pas réussi à inverser la tendance puisque le déficit record de septembre a été un des facteurs psychologiques de la crise).
- L’Amérique paie ses déficits commerciaux en "monnaie de singe" : elle fabrique des dollars qui n’ont aucun substratum marchandises ou services et les masses de dollars erratiques vont servir à spéculer ou reviennent en Amérique pour acheter par exemple des bons du Trésor. Ainsi, le Japon souscrit chaque mois (voir G.R. octobre) la moitié des 15 milliards de dollars émis par le Gouvernement US. Ce sont donc les autres pays qui assurent les fins de mois du pays le plus puissant du monde... et le plus endetté. Et vive Reagan !
Mais les USA, pour empêcher une récession, veulent à tout prix développer leurs exportations. C’est pourquoi ils exigent, notamment des Allemands et des Japonais, qu’ils relancent leur consommation intérieure (baisse des taux d’intérêt par exemple) et desserrent l’étau de leur puissance exportatrice, car il n’y a pas place pour tout le monde dans un commerce mondial bloqué... précisément par la politique des grands envers les pays en voie de développement. C’est la quadrature d’un cercle vicieux  !
Alors le monde industrialisé prend peur, la France de Balladur en tête : si les Américains, avec un dollar faible réussissent enfin à développer leurs exportations, ce sera à son détriment ; d’où baisse de la production, crise commerciale aggravée, chômage accru, nouveaux remous boursiers. Ce ne sont pas les réunions périodiques des 7 - des 7 grands ou des 7 nains - qui changeront durablement quoi que ce soit, du moins si l’on en juge par les résultats des discussions et accords passés. Alors que va-t-il se passer ? Que peut-il se passer ? Sur le long terme, en tant qu’adeptes de l’Economie Distributive, nous imaginons aisément que ça ira de mal en pis. Jusqu’à quand ? Nous ne sommes pas Madame Soleil. Le capitalisme - et plus précisément l’impérialisme - a plus d’un remède dans son sac pour prolonger la vie du malade, comme nous avons pu le constater depuis 15 ans. Tout leur sera bon, par exemple ceci que nous avons entendu à la radio : certains "craignent" les effets d’un accord GorbatchevReagan sur le désarmement qui pourrait faire boule de neige. Autrement dit, certains avouent froidement que fabrication et vente d’armes, guerres comme celle d’Iran-Irak, sont nécessaires pour sauver le système... comme après 1929. On s’en doutait. Mais quel cynisme !
II ne faut jamais oublier qu’"ils" sont capables de tout pour maintenir profits et privilèges, les deux allant de pair, face à une classe laborieuse de plus en plus craintive (peur de perdre son emploi), déqualifiée ou égarée (Le Pen recrute une grande partie de sa clientèle dans une Gauche de fait, mais mal informée, facile à tromper).
Avec la crise financière, nous sommes entrés dans une deuxième phase de la crise ; plus exactement les deux crises vont interférer - dans le mauvais sens : perdurer - de conserve. Le crime du boursicoteur de Wall Street qui a tué son banquier avant de se suicider sonne bien le glas d’un système, même si les médias n’y voient qu’une péripétie. Le temps travaille pour tous ceux qui espèrent que du progrès doit sortir enfin l’ère de l’Homme (2). Mais la foi des possédants dans la pérennité de leur économie est telle qu’ils pensent, comme Chirac, qu’ils s’en sortiront.
Ils continueront, pour reprendre la pensée d’un vieux boursier clairvoyant, "à jouer au bridge sur le Titanic".

(1) Société duale : dans une déclaration du 14 octobre, l’Episcopat français lui-même a dénoncé cette société :
"Certains hommes sont abandonnés à la précarité, marginalisés, rejetés parce qu’étrangers assistés par quelque compensation faisant appel à la bienfaisance. Au mieux, ils devraient se satisfaire d’un minimum social garanti. Nous ne pouvons admettre une société à plusieurs vitesses, ni les justifications idéologiques qu’on en donne".
(2) François Perroux, mort récemment, écrivait  : "L’espèce humaine sera humaine quand l’homme aura renoncé à tuer, quand il aura déshonoré l’argent".

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Ne manipulez plus les bombes

par M.-L. DUBOIN
décembre 1987

Toutes les fois que vous appuyez sur la valve d’une bombe à aérosols (bombes insecticides, spray, produits d’entretien, déodorants, etc...) vous pressez une gâchette  : vous contribuez à la destruction de la couche d’ozone de notre planète, ce bouclier qui nous protège contre les radiations ultraviolettes mortelles que nous envoie le soleil. Cette couche, que se situe au niveau de la stratosphère vers 20 kms d’altitude, est en effet une protection indispensable, au maintien de toute vie sur notre planète.
Les premières mesures qui ont permis de détecter une diminution de cette couche datent d’une vingtaine d’années. On avait alors pensé surtout aux effets des réacteurs supersoniques volant au niveau de la stratosphère. Puis on a montré que ces effets n’étaient pas exclusivement destructeurs d’ozone. Par contre, il est certain que tous les fréons, gaz artificiels contenus dans les bombes à aérosols et insolubles dans l’eau, s’échappent inexorablement vers la stratosphère où ils restent indéfiniment, y détruisant irréversiblement l’ozone.
Devant un tel danger, aujourd’hui certain, puisque les plus récentes mesures en août et septembre dernier, attestent une diminution de l’ozone de 15 % par rapport à 1985, des décisions officielles doivent être prises d’urgence dans le monde entier.
Elles l’ont été. Dès 1985, une convention pour la sauvegarde de l’ozone avait été signée à Vienne par 20 pays.
Mais elle n’est pas entrée en vigueur... Producteurs de fréon et de bombes à aérosols sont plus préoccupés de leurs profits immédiats que de la survie, à terme, sur notre planète. Ceci ne surprendra pas nos lecteurs...
Un protocole vient d’être adopté à Montréal en septembre dernier. Non seulement, pour rentrer en vigueur, il devra encore être ratifié par 11 pays ; mais, de plus, il stipule que la consommation de fréon devra être réduite à la moitié de son niveau 1986... au 1er juillet 1998. Vous avez bien lu : dans onze ans...
Alors non, n’attendons pas pour donner tout de suite la priorité à la vie sur le profit et refusons tout de suite d’utiliser ces bombes domestiques !

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Lu, Vu, Entendu

décembre 1987

Le mensuel "Silence", consacré à l’écologie, annonce que les Japonais viennent de mettre au point une machine à laver le linge qui fonctionne aux ultrasons, lavant par effet de cavitation. Autrement dit, il s’agit d’une machine qui fonctionne sans lessive, qui consomme environ 15 % d’électricité de moins que la moyenne des machines actuelles et- un tiers d’eau en moins. Elle ne fait pas de bruit, ni de vibrations. Deux modèles sont déjà commercialisés au Japon.
Que vont faire ceux qui vivent de la fabrication (juteuse) des lessives se réjouir à la pensée que grâce à ces machines, l’eau que nous boirons sera moins chargée en phosphates, ou se battre contre leur commercialisation ?

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FUMEE, QUE DE CRIMES !

La vente des cigarettes a atteint son record historique en 1985 : en moyenne 2,4 kg par adulte pour l’année.
Les professeurs J. Bernard et M. Tubiana déclaraient dans "Le Monde" du 2 septembre que 30 à 35 % des cancers en Europe Centrale sont dus au tabagisme qui tue plus de 50 000 Français par an. Le taux moyen de goudron (à effet cancérigène) des cigarettes françaises est le plus élevé de tous les pays industrialisés (17 mg en moyenne), et ce sont les cigarettes les moins chères qui en contiennent le plus.

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La centrale solaire expérimentale Thémis a été qualifiée d’absurde par la Cour des Comptes, parce qu’ayant coûté 3 milliards de francs, elle est jugée non rentable. Mais cette même Cour des Comptes ne souffle mot des groupes frigorigènes est une manne céleste pour les exploitants des centrales nucléaires.

(Extrait de Tam-Tam, n° 135, Brabant-Ecologie).

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L’on dépense 115 milliards de FB chaque année pour conserver en surgélation les stocks du marché commun de beurre, lait, viande, fruits, etc... André Motte, dit Falisse, croit que le souci (intéressé) de préserver les intérêts de la Société Frigorifique Européenne ou "Réfribel, empêche de vider les stocks du Marché Commun pour sauver les affamés du Tiers-Monde. Ce n’est certes pas impossible, mais nous croyons aussi que l’énorme consommation électrique de tous ces 30 milliards (10 fois plus) que coûte Superphenix. Elle ne commente pas non plus le coût de la réparation de sa fuite de Sodium, estimée entre 0,4 et 1 milliard de francs.

(Tam-Tam, n° 142)

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La CEE va importer environ 100 000 tonnes de blé pour la fabrication du pain de l’Arabie Séoudite. Ceci malgré les montagnes de réserves du Marché Commun. Les officiels de la CEE ont libéré, à des prix ridiculement bas 100 000 tonnes de blé européen, la semaine dernière, blé qui est loin d’atteindre la qualité de celui de l’Arabie Séoudite. Une grande partie de la montagne de blé de 12 millions de tonnes du Marché Commun ne convient pas à la fabrication du pain car les subsides accordés ont encourage à la quantité plutôt qu’à la qualité.

(The Times, 7.9.1987)

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EN MARGE,DEUX OU TROIS CHIFFRES
(à proposde la langue internationale)

Dans la Communauté Européenne, chacun des douze partenaires exige que tout document officiel soit traduit dans sa langue. Cela fait chaque année 800 000 pages qui doivent être traduites, au prix moyen de 20 000 FB (soit 3 200 F) par page. Le tiers du budget y passe...

(d’après Belgian Business, octobre 1987)

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NE VOUS FIEZ PAS A L’EMBALLAGE !

DEUX tonnes de fraises viennent de se vendre très bien, 30 % plus cher que les autres, dans la région Aquitaine. Pourquoi ?, Parce qu’elles avaient meilleur aspect que les autres. Ceci est dû au fait qu’elles avaient été traitées à Lyon par ionisation. Une notice portant la mention "protégé par ionisation" permettait aux consommateurs de s’informer.
Cette opération a été menée par la société GEM, spécialisée dans le "marketing" des produits agricoles, et par une filiale du CEA, la société Conservatom. Si, comme le fait remarquer la revue TamTam, au lieu de la mention "protégé par ionisation", on avait lu "nourriture soumise à la radioactivité", le produit se serait probablement moins bien vendu. Mais le CEA qui publie cette nouvelle avait longuement réfléchi avant de trouver la formule ; le "marketing", ça sert d’abord à faire vendre ! Qu’on ne nous dise pas que la publicité c’est de l’information...

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DANS LE CERVEAU DU MONSTRE

Voulez-vous faire comprendre à vos amis le rôle joué par les banques, mais sans leur faire de longs discours ? Offrez-leur le livre que vient d’écrire une de nos fidèles abonnés du pays des banques. Il s’agit d’un roman "Dans le cerveau du’ monstre", par Roger-Louis Junod, publié par les éditions L’Age d’Homme, de Genève. Ce distributiste est déjà l’auteur de trois autres romans : "Parcours dans un miroir" chez Gallimard, "Une ombre éblouissante" aux éditions l’Age d’Homme et "Les enfants du roi Marc" chez B. Galland. Ce quatrième roman est facile à lire, écrit d’un style agréable, et il évoque les plus graves problèmes de notre temps, qu’il fait bien comprendre, mais "en douce", sans avoir l’air d’y toucher.

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Au fil des jours

par J.-P. MON
décembre 1987

Avant le krach boursier, on savait déjà que les banques américaines se portaient plutôt mal : en septembre 1987, le nombre de faillites de banques s’élevait déjà à 141 contre 138 pour l’ensemble de 1986. C’était le nombre le plus grand de faillites enregistré aux Etats-Unis depuis la dépression des années 30, époque où 4 000 banques avaient été obligées de fermer leurs portes. Selon le président de l’agence fédérale chargée de l’assurance des dépôts, ce nombre devrait encore augmenter d’ici à la fin de l’année mais tout devrait s’arranger en 1988 "grâce à l’amélioration de la situation dans les régions agricoles et à l’arrêt de la dégradation du secteur pétrolier". Gageons qu’en faisant ces prévisions, le président n’avait pas imaginé la possibilité d’un krach boursier. Qui est-ce qui lui offre un abonnement à la Grande Relève qui, elle, avait annoncé le krach dans son numéro d’octobre ?

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Une autre conséquence de la débâcle boursière pourrait être l’accélération des "restructurations" dans la finance. Avant le "Lundi noir", on nous annonçait déjà des plans de restructuration dans les entreprises financières, pourtant considérées comme le symbole du secteur des services, "l’industrie de demain", appelées à prendre la relève du secteur industriel, gisements d’emplois pour l’avenir, etc... (Dans ces milieux, on est bien élevé et on ne parle pas de plan de licenciement mais de restructuration). Pourtant la "Chemical Bank" va réduire son équipe londonienne de 18 % et ses effectifs mondiaux de 10  % ; "Shearson Lehman Brothers" réduit aussi son personnel londonien de 11 % et "Salomon Inc." va se séparer de quelque 800 personnes au niveau mondial... Après Londres et New-York, Paris est touché à son tour. Décidément le "Big Bang" est bien loin.

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Mais au fait, où va-t-on recaser les licenciés du secteur des services ? Pas dans l’industrie, en tous cas : malgré l’augmentation de ses ventes de voitures, Renault va encore supprimer 400 emplois à Billancourt (Le Monde du 14.10.87) ; Jeanneau, un des principaux fabricants français de bateaux de plaisance, fait appel à la télématique pour réorganiser son service de pièces détachées et parvient ainsi à éviter (sic) de nouvelles embauches grâce à une meilleure productivité" (Vidéotex Magazine n°  29) ; Dassault veut supprimer 1 260 emplois... Il ne faut pas non plus compter sur l’agriculture : selon une étude de l’INSEE, l’agriculture européenne a perdu 15 millions d’emplois en 25 ans, c’est en Italie que la baisse a été la plus forte (4,3 millions d’emplois en moins), puis en France, en Espagne et en Allemagne (2,3 à 2,6 millions dans chacun de ces pays) ; en Grande-Bretagne, la perte n’a été que de 500 000 emplois. En 2005, l’agriculture ne représentera plus que 1,5 % à 2 de l’ensemble des emplois en Belgique et en Grande-Bretagne, 2,5 à 3,5 % au Luxembourg, en Allemagne et au Danemark, 4 % aux Pays-Bas, un peu moins de 5 % en France et environ 7 % en Italie...

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Il ne faudrait pas croire que ça va mieux au Japon où le nouveau premier ministre vient de déclarer que "l’ouverture plus grande du marché japonais va poser des problèmes d’emploi". Heureusement que son prédécesseur avait fait sauter le verrou qui limitait à 1 % du PNB les dépenses militaires ! Ça va lui permettre d’accroître le budget de la Défense : "On peut, dit-il, obtenir l’adhésion progressive du peuple japonais à une telle politique si on lui explique que l’augmentation du budget militaire est surtout destinée au maintien de l’emploi sur l’archipel".
Après tout, c’est du même ordre que la manifestation de la C.G.T à Toulouse, réclamant l’accélération du programme de construction du "Rafale".

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Ne plaignons quand même pas trop les professionnels de la Bourse : selon un responsable du Trésor américain, M. G. D. Gould, l’administration Reagan envisagerait un plan de sauvetage des firmes de courtage opérant à WallStreet au cas où la chute boursière s’aggraverait. L’administration demanderait aux firmes de courtage et grandes sociétés cotées de constituer un fonds de solidarité de 2 à 3 milliards de dollars pour venir en aide aux opérateurs boursiers qui seraient mis en péril par une baisse brutale des cours. C’est encore une illustration du "libéralisme". Ce que l’histoire ne dit pas, c’est ce qui se passera si toutes les entreprises de courtage sont touchées. On ne nous dit pas non plus ce qui a été prévu pour les petits porteurs.

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Tant pis pour la santé des consommateurs européens  ! Une directivede la CEE interdisant la productionet la commercialisation de viandetraitée aux hormones devait entreren vigueur le 1er janvier 1988. Celane plait pas du tout aux Etats-Unisoù certaines hormones sont utilisées pour l’engraissement. Ceshormones constituent un marchéde plusieurs milliards de dollars etl’application de la directive risquede priver l’industrie vétérinaireaméricaine du marché européen.Qui plus est, ça .risque de donnerde mauvaises idées aux associations de consommateurs américains qui commencent à s’agiterpour demander une interdictionanalogue à celle prévue dans laCommunauté européenne. LaCommission a fait un geste debonne volonté en proposant deretarder d’un an la mise en vigueurde la directive mais les Américainsne trouvent pas ce geste suffisant.(Signalons au passage que laFrance aussi traîne les pieds pourappliquer cette mesure). A suivre...

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La communication

par R. MARLIN
décembre 1987

De notre temps, les mots ayant remplacé les idées, celui-ci est un de ces termes magiques à la mode. La fin du vingtième siècle serait, enfin, l’aube de la vraie communication entre les hommes. Voire... Certains affreux contestataires dont nous sommes peut-être, prétendent que, si l’on n’a jamais tant parlé de communication, les gens n’ont jamais si peu communiqué. C’est vrai dans l’entreprise, où les informations sont soigneusement filtrées ; c’est vrai dans la vie de tous les jours où les baladeurs, les micro-ordinateurs, la hi-fi, la T.V., les jeux électroniques, etc... isolent les hommes, en particulier les jeunes, les uns des autres et les générations entre elles. Il ne faut pas non plus confondre, dans ce domaine-là, comme dans beaucoup d’autres, quantité et qualité. Il paraît que les Français réclamaient plus de chaînes de télévision. Ces pauvres réduits à un, deux, puis trois programmes se sentaient, semble-t-il, complexés vis-à-vis des Etats-Unis où il n’est pas rare d’en capter quinze ou vingt possibles. Les voyageurs qui connaissaient l’infantilisme de la plupart des émissions américaines et leur envahissement par la publicité mettaient en garde. C’était prévisible, rien n’y fit. Le monstre froid de l’argent et de la pub a eu sa pâture. Qu’importe la chute des valeurs, le bon peuple s’en satisfera bien, il a déjà avalé RTL et Europe 1, et puis son avis importe peu. Le régime du fric triomphe, une fois de plus. La multiplicité des sources de fausse information ajoute à la confusion générale. Abruti, saôulé, le pauvre citoyen-téléspectateur rentrant à son domicile après sa journée de travail ne retient plus rien de ce tintamare et devient disponible pour toutes les aventures. C’est le but de l’opération. Comme les six programmes actuels ne suffisent plus, mais le choix entre des émissions débiles en est-il un ? On nous promet pour bientôt d’abord le câble, ensuite le satellite. Dans certains quartiers de Paris et quelques grandes villes le fidèle amateur aura bientôt à sa disposition 17 canaux câblés dont 4 occupés par des programmes étrangers sans sous-titres. Quant au satellite, les groupes de pression sous l’impulsion de M. Alain Gomez, PDG de Thomson s’agitent fort pour obtenir par un moyen ou par un autre, les 1,4 milliards de Francs nécessaires au lancement de TDF 1. C’est le prix pour soutenir l’industrie européenne dans la bataille de la télévision haute définition au moyen du nouveau standard D2 Mac (1)qui aura, en plus, l’avantage de rendre obsolètes tous les récepteurs actuels et d’obliger ainsi les clients à en acquérir d’autres. Vive la libre entreprise subventionnée ! Bien entendu, tout cela n’est pas négatif. Le progrès. technique pourrait permettre une meilleure relation entre les humains et une formation, à tous les niveaux, plus efficace, plus rapide et améliorée. Sera-t-il utilisé dans ce sens ? Nous en doutons.
Notre ami Jean Maillot raconte l’anecdote suivante qui est révélatrice  : au cours des années 30, une grande réunion sur l’économie distributive avait lieu à Paris, salle Wagram, Jacques Duboin parlait. Salle comble, la foule refluait dans l’avenue. Dominique Canavaggio, rédacteur en chef de Paris-Midi, l’un des grands quotidiens de l’époque assistait à la séance. Extrêmement intéressé, il revint le lendemain à la rédaction muni de toute la documentation nécessaire fournie par notre camarade. Il proposa une série d’article sur le sujet. Le patron du journal lui asséna de suite : "Souvenez-vous que nous ne parlerons de Jacques Duboin à aucun prix et sous aucun prétexte".
Depuis, la consigne a été fort bien respectée, pas seulement à ParisMidi. Essayez, comme nous le faisons, car nous sommes tenaces, de faire état de nos thèses auprès des médias de tous genres et enregistrez les résultats. Ils sont squelettiques. La loi du silence reste en vigueur. Ce qui ne doit pas nous empêcher de poursuivre nos efforts, en profitant de chaque occasion pour nous faire entendre : réponses à des articles de presse, courrier des lecteurs, questions au cours d’émissions radio (le téléphone sonne, écran total, etc...) ou T.V. (heure -de vérité, les Dossiers de l’Ecran, etc...). "Point n’est besoin d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer" (Guillaume d’Orange). Malgré tout, bien que faible en comparaison de nos tentatives, nos percées ne sont pas nulles si l’on en juge par la rubrique "Lu, Vu, Entendu" qu’il n’est pas interdit à nos lecteurs d’alimenter.
Il n’en reste pas moins que les patrons de presse savent très bien orienter la manière de traiter les sujets brûlants. Au cours des "Dossiers de l’Ecran" du 6 octobre 1987 sur Antenne 2, Jean-François Kahn (2) s’est permis de citer au moins trois exemples de reportages non publiés ou modifiés par Paris-Presse, l’Express et le Figaro ; les rédacteurs en chef estimant que, bien que vrais, les faits relatés ou leurs commentaires ne devaient pas être divulgués car devant heurter, soit la direction du journal, soit l’opinion supposée des acheteurs. Il a été également rappelé la célèbre fausse nouvelle de l’arrivée de Nungesser et Col !, après leur traversée de l’Atlantique sans escale, le 8 mai 1927, alors qu’ils s’étaient abîmés dans l’océan. A l’époque, une révolte spontanée des lecteurs trompés s’était terminée par la mise à sac des locaux du journal éphémère qui avait voulu faire du sensationnel en anticipant un peu trop sur l’évènement. Tout cela paraît bien démodé de nos jours où la parution des fausses mémoires d’Adolphe Hitler n’a fait que quelques vagues bien vite amorties dans le flot des nouvelles qui ont suivi. Il se trouve même une clientèle pour continuer à faire confiance à "Der Spiegel" après cette faute grossière. Il en sera probablement de même pour "France-Soir" qui, après l’alerte chimique vient de titrer faussement mais en tout impunité et sur 5 colonnes à la une : "Scènes de pillage à Nantes". Quant à J.F. Kahn, il s’est attiré de vifs reproches de ses collègues Christian Brincourt (France-Inter), Yves Courrière (Paris-Match et RTL), Dann Loustallot (A2) et Henri de Turenne (AFP) pour avoir osé mettre en doute la soit-disant indépendance des journalistes. Ce dernier a même prétendu que jamais l’un de ses reportages n’avait été corrigé ou modifié, ce qui est invraisemblable, même pour un reporter ultra-conformiste et pratiquant l’auto-censure.
L’occultation totale de certains faits ou de certaines idées ne présente pas, pour les médias, de grandes difficultés, ni de grands inconvénients dans le présent. Il suffit qu’ils s’entendent pour ne pas en parler (économie distributive) ou qu’ils se neutralisent (politique générale). Cette situation permet aussi aux hommes et aux partis politiques de se maintenir dans une position d’attente, comme dans la France d’aujourd’hui où chaque grande tendance a fait la preuve de son incapacité à résoudre les problèmes qui se posent. Mais les événements sont implacables : après "Nous vaincrons parce que nous sommes les plus forts", la débâcle de 1939 ; après les provocations de 1946 en Indochine, la piteuse retraite de 1954, sans compter celle des Américains en 1975 ; après "L’Algérie est et restera française", la déroute de 1962. A refuser de traiter les problèmes à temps, les suites sont tragiques, à terme. Lorsque l’on entend le Président de la République essayer de faire croire que l’automatisation ne réduit l’emploi que dans une première étape (3) et le ministre des Finances persister à compter sur une croissance future éventuelle pour ramener l’investissement et permettre des embauches (4), l’on peut être légitimement inquiet pour l’avenir proche. Et pourtant d’autres essaient de voir la vérité en face. Ainsi "Libération" du 30 janvier 1987, sous le titre "La croissance abat du boulot" rappelait que, selon une projection de l’INSEE (5), dans le meilleur des cas, 14 % de la population active, soit 3,4 millions de personnes, seront au chômage en 1991, et expliquait : "En effet, même si la croissance est plus forte, l’augmentation de la productivité fera croître le nombre des chômeurs". Dans un article récent (6) Lucien Sfez (7) ne conteste pas la confusion qui règne en matière de communication et d’information télévisuelles et écrites. Sous le titre "Le journaliste n’est pas omnipotent", il cherche à prouver que les pouvoirs de la presse ne sont pas aussi fabuleux qu’il semble. Néanmoins il ne voit que deux consolations à ces excès. La première : "le consommateur d’informations est dans un brouillard de sens, sorte d’oreiller mou qui absorbé en vrac toutes les rumeurs... Ce brouillard... loin d’être condamnable est la principale protection du citoyen contre l’envahissement des institutions...". L’autre serait l’esprit critique dont il ne peut que constater la disparition progressive et souhaiter le retour. Mais ne sait-il pas que les enseignants hésitent à l’inculquer à leurs élèves car, mal vu des dominants, il handicapera gravement les futurs chercheurs, d’emploi sur le marché du travail. Il faudra, décidément, que le professeur cherche d’autres motifs de consolation.
Nous n’aborderons que succinctement, ici, la récente "crise" de la Bourse dont nous avions averti les lecteurs dans notre livraison d’octobre 1987 quelques jours avant son déclenchement. Remarquons, seulement, que les médias pour la plupart déconcertés et affolés par son ampleur, interrogent fébrilement les responsables. Ceux-ci dont tous les intérêts, la position et, quelquefois la fortune personnelle sont impliqués dans les "affaires" et dans le régime lui-’ même ne peuvent que prononcer des paroles rassurantes et lénifiantes, car toute phrase inquiétante risquerait de mener tout droit à l’effondrement total. Souhaitons, seulement, que l’oubli volontaire des causes proches et profondes des événements ne conduise pas notre monde aux mêmes conséquences tragiques que ceux de 1929. "La prospérité est au coin de la rue" déclarait le Président Hoover au lendemain du fameux jeudi noir. En fait, ce fut la guerre dix ans après. Cette fois-ci, ce serait le risque de l’apocalypse final.
Pour des raisons de secret, de concurrence ou de danger, à l’égard du système lui-même, des informations importantes sont donc cachées entièrement ou détournées de leur véritable sens, ou encore, traitées partiellement. La prolifération des médias ne fait qu’ajouter à la confusion. Une véritable démocratie ne peut pourtant fonctionner qu’avec des citoyens clairement informés. Tels sont le dilemne et la contradiction de nos sociétés. L’information c’est bien le pouvoir réel, même si ce n’est pas en droit, l’un des trois pouvoirs. La représentation nationale qui a, jusqu’à ce jour, échoué, devra bien, un jour, légiférer afin d’assurer le respect des lecteurs, le pluralisme, l’interdiction des concentrations et la connaissance des vrais détenteurs des titres. Rien ne nous détournera de penser que c’est dans le domaine économique qu’il faudrait chercher la solution en éliminant la dictature des financiers de celle, nouvelle, des publicitaires.

(1) Voir Le Monde du 8 octobre 1987
(2) Directeur de l’Evénement du Jeudi
(3) "Le Monde en face", TF1, 17 septembre 1987.
(4) "La preuve par cinq" sur la 5, 5 octobre 1987.
(5) D’après "Economie et Statistique" n° 195, janvier 1987.
(6) "Le Monde" du 13 octobre 1987.
(7) Professeur à l’Université de ParisSorbonne.

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Les effets pervers du progrès technique

par G.-H. BRISSÉ
décembre 1987

Nous sommes en 1986 et un constat s’impose : le flot montant des chômeurs continue à s’enfler, en dépit des efforts louables entrepris par un "traitement social", pour le juguler. Les "nouveaux pauvres" se pressent encore, cet hiver, en bataillons serrés, à la porte des soupes populaires, que l’on croyait à jamais reléguées au passé en économie d’abondance. Mais, tandis que des millions de sous-consommateurs français crient misère et en sont réduits à la mendicité publique, les eurocrates qui siègent à Bruxelles ne savent plus à quel saint se vouer pour endiguer une surproduction endémique. Les silos à blé sont pleins à craquer et on ne sait plus comment absorber les surplus de lait, si ce n’est imposer des quotas aux agriculteurs qui reçoivent des subsides pour produire moins et dont le revenu baisse. Les dépôts regorgent de biens alimentaires invendus qui iront alimenter les décharges publiques.
C’est tout le mérite de Jacques Duboin d’avoir, à travers la crise des années trente, analysé et dénoncé ce paradoxe et proposé des solutions qui à l’époque, ont soulevé un grand enthousiasme populaire mais ont trouvé leurs limites sur le terrain parce qu’elles étaient tout simplement prophétiques.
Aujourd’hui, l’alternative se pose dans les mêmes termes mais, cette fois-ci de manière beaucoup plus aigüe. Nous sommes confrontés à une crise non pas conjoncturelle, comme nous l’avons connue à plusieurs reprises dans le passé - cf par exemple les chocs pétroliers - mais à un véritable défi structurel : la révolution technologique - ou révolutionique - qui a pour effet d’accélérer la grande relève des hommes par la science. Il y a certes des emplois qui se créent, mais ils exigent des niveaux de formation générale et de qualification professionnelle de plus en plus élevés. En contrepartie, tous ceux qui ont servi depuis des générations dans des industries de main-d’oeuvre et n’ont à louer que la force de leurs bras, se trouvent exclus de la société nouvelle. Ils constituent une imposant armée de parias. La société duale trouve ainsi son plein accomplissement : d’un côté, des privilégiés de l’emploi, dont l’univers se rétrécit au furet à mesure que se développe la surenchère sur les compétences et les salaires. De l’autre, une plage de plus en plus large de nouveaux prolétaires qui vivotent de la charité publique ; entre les deux, un marais de plus en plus incertain de gagne-petits qui grignotent comme ils peuvent les miettes du festin  : bénéficiaires de TUC, de stages en alternance, d’emplois intérimaires ou à temps partiels, travailleurs "au noir", etc... La révolution industrielle du début de ce siècle avait entraîné un colossal transfert de main-d’oeuvre du secteur rural vers les activités industrielles concentrées dans les villes. La révolutionique en cours supprime des emplois industriels, mais les transferts ne se font plus. Le tertiaire lui-même, espoir des années 60, se ferme.
En même temps, la clientèle privilégiée des organisations syndicales : salariés des usines et des bureaux, s’effiloche. Pour la première fois dans l’histoire du monde ouvrier, l’effectif global des salariés est en baisse depuis 1983. On peut s’efforcer de dénoncer le mouvement, voire de le freiner : ce combat d’arrière-garde est perdu d’avance ! Il nous reste une seule certitude : il est clair que l’effectif des producteurs, au sens marxiste du terme, va décroissant, alors que s’amplifie la cohorte des consommateurs insatisfaits ou malsatisfaits !
Par le biais des allocations de chômage ou de solidarité, des indemnités de Sécurité Sociale, des préretraites anticipées, on est amené aujourd’hui à distribuer une masse de plus en plus considérable de revenus qui ne sont plus liés directement à une activité professionnelle. Ces derniers sont saupoudrés au petit bonheur la chance, en fonction des nécessités du moment ou des groupes de pression existants.
Ce faisant, on ne fait que multiplier les inégalités flagrantes, dans l’espace et dans le temps. Inégalités devant le chômage, les impôts, les retraites, la solidarité, la formation. Le résultat en est un effroyable gâchis de ressources et d’énergies humaines, générateur d’une révolution chaude qui nous pend au nez comme un sifflet de deux sous !
Les démarches de charité publique organisées par l’Etat, les communes, les organisations caritatives, voire telle vedette de la chanson ou du spectacle en quête de publicité, ne peuvent suffire à tout. Cela me fait penser à un arrosoir qui fuit : au lieu de colmater les trous, voire de s’enquérir d’un récipient neuf, on remet de plus en plus d’eau ; mais le réservoir des prestations sociales finit par s’épuiser. Bientôt, chacun de nous sera acculé à payer l’impôt sécheresse de la protection sociale. Les caisses de l’UNEDIC, de la Sécurité Sociale, de nos retraites, doivent être remplies à coups de subventions publiques ou de cotisations nouvelles. On ne peut poursuivre indéfiniment dans cette voie.
Aussi bien l’avenir de la protection sociale est complètement escamoté voire éludé lors des débats politiques, qu’ils soient de droite ou de gauche. Il est clair qu’aucun responsable politique ne veut prendre l’engagement formel devant ses futurs électeurs, de remettre en cause la politique actuelle des revenus. Et pourtant, des décisions s’imposent et elles deviennent urgentes Depuis des siècles, l’humanité n’a survécu qu’en économie de pénurie. Tout ce qui est rare étant cher, la monnaie-or a été longtemps la référé naturelle des échanges. A l’issue de la seconde guerre mondiale, le dollar a détrôné, dans cette fonction, les métaux précieux. Mais la crise du système monétaire international marque aujourd’hui les limites de ce système. La véritable richesse, ce sont les biens et services mis à la disposition des citoyensconsommateurs.
La révolutionique en multipliant à l’infini les virtualités de productivité, nous fait entrer de plein fouet dans la société d’abondance qui, faute d’une meilleure maîtrise d’une économie de besoins, engendre un énorme gaspillage. Le remède ? Il consiste à injecter dans le circuit monétaire une monnaie de consommation non thésaurisable, c’est-à-dire qu’elle ne servirait qu’à acquérir des biens ou services de grande consommation, largement disponibles sur le marché. L’outil privilégié en serait la "carte à puce", produit le plus achevé de la monétique. En s’arrogeant la maîtrise de cet outil de distribution, l’Etat dit socialiste, timonier d’un secteur bancaire nationalisé, pourrait récupérer en quelques semaines le bénéfice de plusieurs années d’errances et d’hésitations  !
Chaque consommateur bénéficierait ainsi d’un revenu social garanti, sorte de minimum vital couvrant ses besoins fondamentaux. Ce pouvoir d’achat supplémentaire ne se substituerait pas pour autant aux prestations sociales existantes auxquelles les organisations syndicales demeurent très attachées, parce qu’elles ont été arrachées au prix de luttes acharnées et de dures négociations qui sont liées tout simplement à l’histoire du monde ouvrier. Il doit apporter un "plus", un complément progressif aux revenus déjà existants et qui laisserait toute liberté de choix aux consommateurs. Il constituerait ainsi l’amorce d’un droit à la subsistance pour tous, de la naissance à la mort.
La contrepartie du revenu social garanti serait bien évidemment l’exigence de service social, tant au niveau des personnes que des collectivités. Il n’est certes pas question d’instaurer une nouvelle variante de travail obligatoire. Mais, sur la base du revenu social garanti, et sur cette base seulement, les notions telles que le partage du travail, l’aménagement des horaires, l’extension des travaux d’utilité publique ou sociale, d’aide aux personnes âgées, la multiplication des filières de formation à long terme, de perfectionnement professionnel ou personnel, prennent tout leur sens et peuvent être développés dans l’intérêt de tous. Chacun doit pouvoir trouver dans la région et dans la société où il vit la place qui lui revient en fonction de ses talents et de l’évolution de ses connaissances.
Dans ce cadre, les trois objectifs de formation, de recherche et d’investissement naguère préconisés par le Premier Ministre, Laurent Fabius, peuvent atteindre leur pleine efficacité. En réalité, c’est non seulement le travail en luimême qui est revalorisé  ; il l’est aussi à travers toutes les virtualités de rattrapage scolaire, de formation et de perfectionnement des personnes, de toutes les personnes, dans une économie de besoins, au sein d’une société que’ nous voulons aussi harmonisée que possible.

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L’inégalité devant l’impôt

par Philippe
décembre 1987

LE système fiscal français est fondamentalement injuste. Il fait, en effet, bien davantage appel à l’impôt indirect qu’à l’imposition directe. C’est ainsi que la taxe à la consommation, la TVA (Taxe à la Valeur Ajoutée), contribue de 55 à 58 % aux recettes fiscales totales tandis que l’impôt sur le revenu n’en représente que 40 à 45 %. Ce qui constitue tout-à-fait l’inverse de pays aux économies comparables à la France, comme la GrandeBretagne ou l’Allemagne Fédérale.
En 1979, le Conseil des Impôts calculait qu’en moyenne chaque Français acquittait entre 9 et 10
de ses revenus en TVA et concluait que c’était un impôt injuste.
En effet, le travailleur qui ne gagne que 6 000 F par mois dépense la totalité de son salaire, en acquitte donc environ 10 % en TVA et n’épargne rien. A l’inverse, celui qui perçoit 30 000 F, va seulement consommer une partie de ses gains, acquittera la TVA uniquement sur cette somme et épargnera ou placera la part non consommée qui ne sera, par conséquent, pas soumise à l’impôt indirect. Les revenus modestes sont ainsi plus lourdement taxés par la TVA -que ceux qui ne sont pas entièrement consacrés à la consommation. La répartition de l’impôt indirect est injuste et les plans d’austérité économique successifs n’ont fait qu’accentuer cette injustice.
De son côté, l’impôt sur le revenu échappe totalement au contrôle des contribuables. La Direction Générale des Impôts (DGI) s’efforce de la banaliser et d’en rendre la perception "indolore". Grâce aux vieux clichés tenaces véhiculés notamment par les ouvrages scolaires de morale, puis d’instruction civique, le bon citoyen se fait un devoir d’acquitter son impôt sur le revenu, avec assiduité, afin de concourir au bien-être collectif. Encore bien des gens croient "dur comme fer" que, grâce à lui, de nouvelles écoles et de nouveaux hôpitaux seront construits ainsi que de nouvelles routes. Malheureusement, la réalité montre que, de plus en plus de classes sont supprimées par manque d’enseignants, que ce sont les cotisations à la Sécurité Sociale qui servent à financer les nouveaux hôpitaux et les usagers qui paient, par droits de péage interposés, les autoroutes tandis que le budget de la défense nationale s’enfle considérablement au fil des années.
En vérité, l’Etat traite ses administrés comme des moutons auxquels il est vraiment inutile de rendre des comptes. Et, bien sûr, ce sont les plus démunis qui sont les plus pénalisés. Les salariés, dont les revenus sont déjà déclarés par leurs employeurs, sont vérifiés, en moyenne, une fois tous les 2 ou 3 ans. Les déclarations des sociétés le sont, elles, une fois tous les 17 ans en moyenne, par contre. Le comble est atteint avec la suppression de l’impôt sur les grandes fortunes, qui avait débuté avec l’exonération des oeuvres d’art, objets de grande spéculation, alors que l’INSEE montre que 10 % des ménages français concentrent 55 à 60 % des fortunes et patrimoines alors que 50  % des ménages n’en possèdent ’que 3,5 à 4 %. Il faut également déplorer que l’avoir fiscal, qui avantage les gros actionnaires de sociétés existe toujours, malgré le scandale Chaban-Delmas (1). Enfin, l’exemption de la taxe foncière a été ramenée de 25 à 20 ans au détriment des petits propriétaires.
Il faut noter que l’administration fiscale fonctionne de plus en plus mal, surtout dans les grands centres de la DGI comme Paris, Marseille ou Lyon, à cause d’une sousadministration des besoins des administrés. Un recensement contradictoire entre syndicats et administration révélait, en 1982, que 15 000 agents supplémentaires auraient été nécessaires pour une meilleure administration fiscale, c’est-à-dire une bonne application et un contrôle efficace des lois fiscales. Avec ses 85 000 agents actuels, le fisc est incapable d’informer les administrés sur le système fiscal qu’il est chargé de faire respecter. Par contre, ce que la DGI semble vouloir plutôt favoriser, c’est de faire "casquer" le contribuable le plus en douceur possible par des versements échelonnés de l’impôt sur le revenu, avec les tiers provisionnels et, depuis une dizaine d’années, les prélèvements mensuels. Mais ce n’est là qu’une pastille amère sans aucune commune mesure avec une meilleure transparence fiscale et sociale que préconise le Syndicat National Unifié des Impôts (SNUI) en réclamant l’affichage en mairie des revenus de tous les administrés de la commune.

Philippe.

(1) Lorsqu’il était Premier Ministre, dans les années 70, et que le fisc lui remboursait de l’argent du fait de ses nombreuses participations financières, au lieu de percevoir son impôt sur le revenu !

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Tribune libre

Cultures régionale, nationale, internationale

par R. CARPENTIER
décembre 1987

BEAUCOUP d’insuffisance dans la connaissance des cultures linguistiques fait parfois transcrire des pensées contestables et regrettables. C’est ainsi que j’ai eu la pénible "surprise" de lire ("La Raison" n° 322323 de sept.-oct. 1987) un article reflétant, à mon avis, un raisonnement inapprofondi sur cette question par un camarade LibrePenseur.
L’auteur, pour avancer ses arguments "énormes" n’a pu se placer que dans le cadre de pensée de l’économie de marché ; et c’est bien là sa prison : il n’a pas encore pu en sortir puisqu’il ne concède aucune alternative !
Je reviens au sujet : les cultures régionales ; l’auteur écrit que " ...le retour aux sources (l’étude des idiomes régionaux) s’opère au détriment de l’adaptation de notre jeunesse au monde moderne" et qu’"il conviendrait de maîtriser non seulement sa propre langue maternelle mais, en plus, celles de nos partenaires : l’italien, l’allemand, "aux économies dynamiques" (on croirait entendre l’ineffable Ph. Sassier ! - en ce qui concerne la finance, ce qui n’a rien à voir avec le bien-être du peuple), l’anglais, l’espagnol"... et plus loin : "...pour faire face, le chinois, le japonais". Il a oublié le russe. Ouf ! Mais il pense "que notre pays ne présente guère de disposition" et il s’ensuit que le Français "est souvent incapable de communiquer un seul mot dans une autre langue pourtant fort répandue" ; je crois deviner qu’il s’agit de l’anglais "relativement universel", et il conclut : "Ne serait-il pas bon d’acquérir d’abord une vaste culture et une grande expérience avant d’opérer un retour aux sources ?".
Toutes ces déductions me paraissent imprégnées d’une réalité marchande un peu trop sentencieuse. Quand je dis qu’il est prisonnier de l’économie de marché, de l’éducation échangiste, je m’en explique : malheureusement beaucoup de camarades Libre-Penseurs, Syndicalistes, Anarchistes, etc... sont encore prisonniers MORALEMENT d’une habitude de pensée dépendant de la "routine" échangiste. Ils raisonnent et se placent dans le contexte marchand-emploi-salaire-achat qui pourtant s’évanouit à vue d’oeil ! Ils sont hors des solutions pourtant simples, parce qu’ils raisonnent en termes de rentabilité, de gain qu’ils croient nécessaires et immortels. Oh ! je sais... révoltés par les injustices perpétrées par l’argent, l’autorité et les violences de l’armée, les mensonges et les crimes des religions, les inégalités des hiérarchies, etc... ils sont d’authentiques anti-capitalistes. Mais beaucoup ne voient pas comment (sans violence) et par quoi remplacer le capitalisme (1). D’où ce raisonnement terre à terre issu du système, faisant paraître le problème des langues insoluble ! Maintenant il est une autre façon de voir : le capitalisme, le régime du profit, l’économie de marché sont la CAUSE de TOUTES les misères. Si au contraire l’auteur s’était placé dans un contexte, son raisonnement aurait été bien différent. A savoir que dans une société NON capitaliste, de distribution de l’ABONDANCE de produits utiles, possible aujourd’hui grâce aux technologies foudroyantes de la robotique - par le canal du REVENU SOCIAL MAXIMUM possible distribué à TOUS en "monnaie" de consommation NON capitalisable - ouvrant l’ère des loisirs (et non du chômage !), en un mot de l’ECONOMIE DISTRIBUTIVE, toutes les difficultés n’étant plus soumises aux contraintes du marché pourraient être plus facilement surmontées. Ainsi donc, nos enfants pourraient-ils réapprendre et cultiver leur langue régionale dans le pays de leur naissance, sans que cela "nuise" à leur avenir (assuré par le Revenu Social à vie) ; ainsi que leur langue nationale, le Français, étudié de façon correcte. Enfin, ce qui préoccupe tellement notre ami, et il a raison, pour communiquer avec TOUT le monde et PARTOUT dans le monde - non pas en apprenant toutes les langues étrangères, ce qui est impossible ! mais - la LANGUE INTERNATIONALE ESPERANTO qui, suivant une émission télévisée- le mois dernier - et c’est bien rare ! ! - confessait : "que si l’anglais est la langue la plus parlée, l’ESPERANTO est la langue la plus répandue dans le monde". Alors . ! N’est-ce pas là la SOLUTION ? ? Il n’est pas nécessaire d’attendre la disparition du capitalisme pour utiliser l’Espéranto, qui se manifeste et se pratique dans de nombreuses branches sociales, commerciales (FIAT, PHILIPS...) et disciplines, congrès, associations, groupements etc... (même Radio Vatican !). C’est la langue grammaticalement la plus simple, syntaxiquement la plus souple et précise et la plus vaste dans ses possibilités y compris scientifiques. Nous sommes plus de cinq millions d’Espérantophones répartis dans le monde ; l’UNESCO a reconnu l’an dernier l’Espéranto comme langue d’échange à l’égal de l’anglais, du français, etc... ; l’ONU a édité la charte des Droits de l’Homme en Espéranto : le "Monde" en août 1987, sous la plume de Brigitte Camus-Lazaro a rapporté objectivement les assises internationales du Centenaire (1887-1987) de l’ESPERANTO tenues en juillet 87 en Pologne (à Varsovie) pays natal de notre Langue Universelle. Regrettons en passant que la France n’ait pas jugé utile de marquer ce mémorable anniversaire, ne serait-ce que par un timbre postal !
En résumé, au lieu "d’abrutir" nos enfants en leur imposant l’étude rébarbative de langues étrangères, apprenons-leur - d’abord - les TROIS langues qui coulent logiquement de source : la Régionale, qui ne sera plus alors considérée comme "un repli, un retour aux sources (sans avenir)", la Nationale, le FRANÇAIS" pour communiquer partout dans l’hexagone", et l’Internationale, l’ESPERANTO, pour la communication MONDIALE et "l’ouverture sur un monde en mouvement" (2).

(1) Tout changement de régime économique et social qui n’abolirait pas l’économie de marché, donc le salariat et la monnaie capitalisable feraient automatiquement renaître les tares du précédent système. (Voir tous les pays de l’Est).
(2) Les parties entre guillemets sont des citations de l’article de notre ami.

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